Directeur de la Caritas de Jaffna, au nord du Sri Lanka, le père Jeyakumar a porté les premiers secours psychologiques aux survivants du raz de marée du 26 décembre. Il répond à nos questions. Quel soutien psychologique avez-vous dû apporter, en urgence ?
Le premier secours psychologique a dû être apporté juste après le tsunami. Les victimes manifestaient un désordre mental dû au stress post-traumatique, mélangeant sentiment d’impuissance, désespoir, horreur, solitude…
Et maintenant, quel soutien psychologique est nécessaire et pour qui ?
Les victimes s’attendent à ce que quelqu’un soit auprès d’elles pour écouter leur histoire. Une écoute empathique est nécessaire pour les réconforter.
Comment organisez-vous votre action ?
Nous travaillons avec des conseillers psychologiques professionnels et des personnes formées au soutien psychologique. Nous avons choisi le secteur de Pallai, qui comprend cinq villages. Cette action est prévue pour une période de six mois.
Comment peut-on faire face à la perte soudaine d’une partie de sa famille ?
C’est très difficile. Seul le temps peut aider à surmonter sa douleur par des ajustements avec son environnement.
Quelle réponse à l’injustice de la nature : des enfants tués malgré la protection de leurs parents, un mari mort, sa femme vivante…
Même dans ces conditions, des personnes ont dominé certains dérèglements de la nature. Nous nous sentons pourtant impuissants face à la plupart d’entre eux, mais nous espérons les éviter à l’avenir par l’observation scientifique.
Comment des personnes peuvent-elles faire face à la disparition de membres de leur famille ?
En réalité, ces disparus sont morts. Dans une démarche de deuil, les affaires de la personne disparue pourraient être enterrées ou brûlées respectueusement. Mais cela demande du temps.
La foi est-elle secourable ou, au contraire, la catastrophe risque-t-elle de la faire perdre ?
C’est un grand défi à la foi. Nos concitoyens ont une grande conscience religieuse, ils se soumettent à la volonté de Dieu. |