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3 questions À Pierre Bourguignon - «Mettre les moyens nécessaires»
mise en ligne : 18-02-2008

Alors que le gouvernement peaufine son Plan banlieue, les maires de l’association Ville et banlieue entendent peser sur le débat en cours. Président de l’association, Pierre Bourguignon, député et maire de Sotteville-lès-Rouen, milite pour mettre la banlieue au centre de toute l’action gouvernementale.

Quelles sont, selon vous, les priorités que le gouvernement devrait inscrire dans son “plan banlieue” ?
Il faut reconsidérer les modes d’intervention dans les quartiers en difficulté, imaginer les meilleurs moyens d’action pour rétablir l’égalité des chances, la justice et la cohésion sociale et décider d’y consacrer les moyens nécessaires. Tous les ministères, et pas seulement celui de la Ville, devraient se demander quelle contribution positive apporter à la réhabilitation et à la transformation des banlieues. Le ministère des Finances doit faire progresser la péréquation des ressources entre collectivités. Au-delà de la seule dotation de solidarité urbaine, qu’il faut préserver contre ceux qui rêvent de la réduire, il convient de revoir l’ensemble des dotations de l’État. Et contraindre les agglomérations à contribuer, à leur échelle, à une plus grande équité entre les territoires.

Après 30 ans de politique de la ville, un énième plan est-il vraiment la bonne réponse aux besoins des villes de banlieue ?
Une énième mouture de la politique de la ville ne saurait, à elle seule, sauver les banlieues et redonner espoir à leurs habitants. Il est temps de mettre la banlieue au centre de toute l’action gouvernementale. Et aussi de toutes les initiatives politiques, du Grenelle de l’Environnement à la Commission Attali. Nous souhaiterions que l’on avance en urgence sur deux pistes. D’abord sanctionner plus rigoureusement toutes les villes qui se refusent à appliquer la loi SRU en ne construisant pas de logements sociaux. Des sanctions financières bien sûr, et pourquoi pas une peine d’inéligibilité. Ensuite, on pourrait avantager fiscalement les maires qui construisent, alors que tout les incite aujourd’hui au statu quo malthusien.

Que proposez-vous pour désenclaver les communes de banlieue ?
Elles doivent devenir les sites prioritaires du développement urbain durable et bénéficier d’une priorité nationale pour être desservies par des moyens de transport performants. On doit aussi redessiner des intercommunalités plus puissantes dans lesquelles les villes de banlieue en difficulté seraient intégrées, avec les moyens de la solidarité locale. À commencer par l’Ile-de-France. Enfin, il faut renforcer la péréquation financière nationale et locale.

Propos recueillis par Stéphane Fernandez




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