L’issue tragique de l’enlèvement de l’archevêque chaldéen de Mossoul montre encore une fois le degré de violence en Irak et dans la région, et l’urgence d’y mettre fin.
Kidnappé le 29 février après que ses deux gardes du corps et son chauffeur aient été abattus, Mgr Rahho a été retrouvé mort le jeudi 13 mars. Lesley-Anne Knight, Secrétaire générale de Caritas Internationalis, déplorant cette mort « tragique et insensée » témoignait : « l’archevêque Rahho était un homme qui recherchait la paix et le dialogue dans son pays en guerre et apportait son soutien à tous ceux qui s’efforcent de rétablir la paix dont Caritas. De nouveau, Caritas appelle à la fin de la violence en Irak et dans la région et réclame la libération de tout otage retenu prisonnier. La paix par le dialogue est la seule voie possible. »
Caritas Irak a été créée en 1992 pour apporter une aide humanitaire aux jeunes mères et à leurs nouveaux-nés au moment de l’embargo. Ce programme soutenu par le Secours Catholique depuis son origine, est toujours en cours à l'heure actuelle. La poursuite de la scolarité des étudiants ou des élèves est un véritable enjeu et une gageure dans un pays en conflit. Grâce au transport assuré par un programme du Secours Catholique, les étudiants chrétiens démunis de Qaraqosh, Bartilla et Bashiqa qui poursuivent leurs études dans les universités de Mossoul, de même que les élèves chrétiens et musulmans des écoles primaires chrétiennes de Mossoul et de Kirkouk, peuvent se rendre à leurs cours. Tandis que plus de deux millions d’Irakiens ont trouvé refuge en Syrie, en Jordanie et au Liban, trois millions ont également fui les combats à l’intérieur de leur pays. Le Secours Catholique participe aux programmes soutenus par le réseau Caritas en faveur des réfugiés d’Irak mais aussi en faveur de ces déplacés, dans le nord de l’Irak essentiellement.
Chantage. Mgr Rahho avait refusé qu’une rançon soit versée contre sa libération, ne voulant pas donner de prise aux extrémistes religieux et mafieux qui profitent du chaos du pays pour agir en toute impunité. Mgr Casmoussa, archevêque syrien catholique de Mossoul avait lui aussi refusé qu’une rançon soit payée lors de son enlèvement en janvier 2005. Plus chanceux que Mgr Rahho, il avait été libéré 24 heures après. En juillet 2006 au siège du Secours Catholique à Paris, Mgr Casmoussa avait déploré : « les familles chrétiennes ont le choix entre payer des sommes exorbitantes pour rester ou quitter le pays. Nous espérons que ces menaces à l’égard des chrétiens ne reposent pas sur une politique définie. »
L’opération œcuménique Pâques avec les chrétiens d’Irak menée par Mgr Stenger, président de Pax Christi, tente de leur adresser un message de soutien et de solidarité dont ils ont particulièrement besoin aujourd’hui.
Emmanuelle Dethomas |