« Les travailleurs sociaux du Centre médical ne peuvent plus quitter leurs maisons. Mes enfants ont trop peur. Nous continuons à entendre le bruit des explosions et des tirs… C’est le combat le plus dur » affirme le Dr Bandalay EL-Sayegh, directeur de notre Centre Médical de Gaza.
Des conflits regrettables ont éclaté entre les deux factions du Fatah et du Hamas. La vie à Gaza s'est presque totalement arrêtée, et le danger est partout tandis que des hommes masqués et armés contrôlent plusieurs quartiers et rues de Gaza. La situation devient de plus en plus compliquée après toutes les tentatives de conclure un accord de cessez-le-feu ou tout compromis entre les deux factions.
Dr. EL-Sayegh a également déclaré, «les incendies et les tirs d'armes automatiques n’ont pas cessé depuis lundi soir. Nous ne pouvions pas dormir dans nos chambres à coucher, et nous nous sommes blottis dans un vestibule par terre en essayant de nous protéger des tirs aveugles des armes automatiques». Dr. EL-Sayegh comme des milliers d’autres personnes dans la ville est en danger dans sa maison.
Les combats ont fait rage autour du quartier général du Fatah dans la ville de Gaza (près du Centre Médical de Caritas). Par conséquent, Caritas Jérusalem a du temporairement suspendre ses activités dans la Bande de Gaza puisque l’intensité des combats a augmenté ce qui a causé de nombreux morts. Plus de 90 Palestiniens ont été tués depuis dimanche dernier et plus de 400 personnes ont été blessées à Gaza.
En raison de l'atmosphère dangereuse autour du Centre Médical de Caritas Jérusalem à Gaza ainsi que dans beaucoup d'autres quartiers de la ville, les travailleurs sociaux de Caritas ont été invités à rester chez eux cette semaine par sécurité. Ils ne pourront pas travailler si la situation sécuritaire ne s'améliore pas dans les prochains jours.
Les coins de rue de Gaza, les toits, et même les hôpitaux sont devenus des champs de bataille et la plupart des Gaziotes ont trop peur de quitter leurs maisons. Les Institutions de formation et gouvernementales, les bureaux des O.N.G. ainsi que les magasins et les marchés sont fermés, mais quelques écoles restent ouvertes là où les lycéens passent leurs examens de fin d’année, quand ils peuvent atteindre leurs écoles.
L’Éducation interrompue
Toutes les universités de la Bande de Gaza ont été fermées jusqu'à ce que la situation se calme. Dans la plupart des écoles, c’est la période des examens de fin d’année. Le report de ceux-ci affecte les étudiants qui essayent de passer leurs examens afin de s'inscrire à l'université. Caritas Jérusalem a rencontré Naseem Skeik, 23 ans, résidant à Gaza et étudiant en dernière année à l'université. Il dit, « demain [jeudi], je passe mon dernier examen à l'université. J'ai peur qu'il n'ait pas lieu… si ceci se produit, ce sera très grave. Je veux terminer mes études et passer à la prochaine étape de ma vie. »
Naseem aimerait quitter Gaza une fois son diplôme obtenu car la situation actuelle ne lui donne aucun espoir. Il dit, « j'espère que les combattants arrêteront cette guerre … si elle se poursuit comme maintenant, je préfère quitter Gaza et aller n'importe où dans le monde. »
Les examens sont reportés dans les universités, mais les examens de fin d’année pour la dernière année de lycée (appelé localement Tawjihi) ont lieu malgré les dangers rencontrés par les étudiants. Haya Al-Tabbaa , 18 ans, est une étudiante en Tawjihi. Le combat la perturbe quand elle étudie et pendant les examens.
« Sur mon chemin de l'école en taxi privé, je passe par beaucoup de check points et notre trajet pour aller à l'école prend une heure au lieu de 10 minutes. » Haya a déclaré « aujourd'hui dans la classe [où Haya passe son examen] nous avons été invités à mettre nos têtes sur les bureaux [plus basses que les fenêtres] pour ne pas être touchées par un projectile. » C'est la vie à laquelle les étudiants doivent faire face maintenant à Gaza. La menace d'être tués quand ils passent leurs examens.
Haya est terrifiée par ce qui se passe. Elle ne s’attendait pas à de tels combats pendant la période d’examens. Mais le pire s’est produit. Elle a ajouté, « un homme armé masqué a arrêté le taxi dans lequel j'étais, il nous a obligés à emprunter une autre rue qui n'était pas la rue de notre école. Quand le chauffeur du taxi s’est plaint, il a dirigé son fusil sur la voiture. Le chauffeur s’est vite éloigné ».
Un rassemblement qui appelait à la paix se termine par une pluie des balles
Il y a eu un appel pour un rassemblement pour la paix dans les rues de Gaza. Des centaines d'intellectuels, d’étudiants et fonctionnaires ont marché de l’est de la ville de Gaza au quartier de Rimal où le combat faisait rage. Ils arboraient seulement des drapeaux palestiniens et lançaient des slogans invitant les combattants à cesser de se battre.
Les protestataires se sont dirigés vers le Conseil Législatif et ensuite vers la zone de Sécurité ; ils ont alors été confrontés à des tirs d'armes automatiques. Shadi Al-Ejla a été tué. Shadi était un jeune homme brillant, comme l’ont indiqué ses amis. Il est mort et tous ses rêves sont partis. Son ami Mohamed Abu Shaban a dit, « Shadi était si gentil et calme Il cherchait la paix et la sécurité à Gaza. Il portait le drapeau palestinien dans le rassemblement en demandant aux combattants d’arrêter les affrontements. Shadi a été tué… » Qui est accusé ? Un quelconque homme armé masqué. Le rassemblement s’est terminé et tout le monde est retourné à la maison, sauf Shadi.
Nous en appelons aux factions pour qu’elles renoncent à la force brutale, et recherchent un dialogue pacifique comme issue à la souffrance. Nous souhaitons que la paix vienne à Gaza.
Par notre partenaire Caritas Jerusalem Bande de Gaza - 15 juin 2007 |