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Etre nomades parmi les sédentaires
mise en ligne : 13-02-2004

A l’heure où l’on parle d’une Europe à vingt-cinq et de liberté de circulation à l’intérieur de l’espace Schengen, qu’en est-il de la réalité d’une population qui par essence vit une culture du voyage ? Est-il possible pour ces nomades, européens dans l’âme, d’avoir la possibilité de voyager et de stationner librement ? Le droit fondamental d'aller et venir ne serait-il pas applicable à un peuple d'itinérants ?

On estime aujourd’hui à près de 9 millions la communauté des Roms/Tsiganes dans le monde. En France, ils seraient entre 280 000 à 350 000 roms, dont 1/3 sédentarisés. Citoyens français pour la plupart, nombre d’entre eux sont victimes de discriminations dans le droit à l’habitat, à l’éducation et à l’exercice de la citoyenneté.
En effet, la législation très stricte et inadaptée au mode de vie itinérant complique considérablement le quotidien administratif des gens du voyage, qui doivent choisir une commune de rattachement et s’y rendre, quitte à parcourir de longues distances, pour y effectuer leurs démarches. Sans oublier le problème posé par les aires d’accueil qui font encore cruellement défaut. Si la loi Besson du 5 juillet 2000 fait obligation aux communes de plus de 5 000 habitants d’aménager des aires d’accueil spécifiques, celle-ci encore est peu appliquée. Aujourd’hui, un tiers seulement des communes concernées l’ont mise en œuvre.
Par ailleurs, la loi sur la sécurité intérieure de janvier 2003 prévoit de sanctionner pénalement l’occupation illégale de terrains si la commune a mis en place une aire d’accueil. Cela passe par des amendes, la suspension du permis de conduire ou la confiscation du véhicule ayant servi à commettre l’infraction. Or, les aires d’accueil en question sont bien souvent déjà occupées par des voyageurs semi-sédentaires. Comment y ajouter les populations de passage lors des grands rassemblements et pèlerinages religieux, des déplacements familiaux, ou encore faire cohabiter dans un espace restreint, les ethnies bien différentes que sont les manouches, les roms, les gitans, les yéniches ?

Une action de proximité

En lien avec différents organismes et associations partenaires, une cinquantaine de délégations du Secours Catholique se mobilise pour accompagner des familles Roms/ Tsiganes et développe des actions spécifiques et diversifiées à destination de cette population marginalisée : accompagnement administratif, aide matérielle, accompagnement scolaire, etc. Au niveau national, le Secours Catholique est également membre du réseau relais du Centre national d’enseignement à distance (CNED) pour favoriser la scolarisation et l’intégration des enfants Roms/ Tsiganes. Selon les estimations, près de 50  000 enfants ne fréquenteraient pas l’école et le taux d’analphabétisme atteindrait 80% chez les adultes.
crédit : P. Delapierre / SC


 
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