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Le point de vue de Génération Précaire : «Le gouvernement pressé de ne pas en finir»
mise en ligne : 25-04-2008

Le collectif des étudiants stagiaires dénonce l’absence persistante de statut du stagiaire, leur rémunération insuffisante et reprend l’initiative sur le terrain législatif.

Depuis la loi “pour l’égalité des chances” de mars 2006, on attendait que soit déterminé le montant minimum de rémunération des stagiaires en entreprise. Il devait être fixé par décret ou accord professionnel.

Deux accords seulement ayant été conclus (avocats et pharmaciens), un “décret-balai” s’imposait. Sous la pression de Génération Précaire, un comité des stages et de la professionnalisation (dit “comité Stapro”) a été chargé de faire aux ministres des propositions acceptables par tous. Un équilibre était possible : faire varier la gratification minimale en fonction de la durée du stage et de la qualification du stagiaire, renforcer le contrôle pédagogique.

Le Premier ministre a finalement pris ce décret le 31 janvier 2008. Il fixe la rémunération minimale à 398 euros par mois, sans cotisations sociales, et seulement pour les stages de plus de trois mois. Loin de régler les dérives liées à l’absence d’un vrai statut, cette décision entérine la situation existante, beaucoup d’entreprises rémunérant déjà leurs stagiaires à ce niveau. Le besoin d’autonomie des jeunes et le souci des familles qui ne peuvent se permettre des stages gratuits n’ont pas été pris en compte.

Surtout, beaucoup trop de stages échappent au décret, notamment dans le secteur public où rien n’est prévu.
Une rémunération nettement insuffisante et un encadrement a minima… On est loin des discours sur la valeur-travail et le pouvoir d’achat, tandis qu’il est toujours aussi simple de remplacer un salarié par un stagiaire.
Il est toujours d’usage de snober l’enthousiasme

de centaines de milliers de jeunes qui se portent au-devant des entreprises, quitte à provoquer la démotivation ou l’exil de diplômés très qualifiés. Si pour le gouvernement la question semble être réglée, certains députés de la majorité souhaitent déposer bientôt une proposition de loi pour aller plus loin.

Génération Précaire encourage parents d’élèves, syndicats et étudiants à soutenir cette nécessaire réforme.

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crédit : Elodie Perriot / SC


 
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