900 000 adolescents estimés en grande souffrance en France. 40 000 tentatives de suicide chaque année. Ces chiffres attestent d’une réalité préoccupante et grave. Les constats répertoriés dans le rapport annuel de Dominique Versini, défenseure des enfants, autorité indépendante chargée de la protection de leurs droits, font état du déficit sérieux des dispositifs de détection et de prévention des conduites à risque. 800 postes de psychiatres non pourvus, manque de médecins scolaires et d’infirmières, saturation des centres médico-psychologiques, insuffisance des structures de post-hospitalisation et de maison des adolescents… Ce manque de moyens a des conséquences importantes parfois tragiques face à l’urgence de certaines détresses qui affectent 15 % des 11-18 ans. Or, près de 15 000 postes d’infirmiers ne sont pas pourvus en psychiatrie publique, tandis que les demandes de prise en charge pour la seule pédopsychiatrie ont augmenté de 70 % en l’espace de quinze ans. Seize départements manquent de lits d’hospitalisation à temps complet en pédopsychiatrie. Si la France accuse un net retard dans la prise en charge de ses ados, des solutions existent. Pas moins de 25 recommandations sont formulées dans le rapport remis par Dominique Versini au Président de la République pour assurer une meilleure prise en charge des adolescents confrontés à une souffrance psychologique. Plus qu’un rapport, un plaidoyer. Véronique Linarès |